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De Turquoise en Emeraude

Des Bahamas au Panama, la couleur dominante se transforme.
Certains vous diraient que tout n’est qu’une question d’absorption, de réfraction, de réflexion, de dispersion, de diffusion de la lumière, de profondeur de l’eau et d’atmosphère.

« Atmosphère! Atmosphère! Est ce que j’ai une gueule d’Atmosphère? »
Arletty – Hotel du Nord – Marcel Carné

Depuis tout le nuancier des bleus qui joue de ses attraits pour séduire les horizons du rêve:

Le Pastel des teinturiers, encore appelé Guède, cette plante qui fut longtemps l’unique source du pigment bleu en Europe avant d’être détrôné par l’Indigo produit en Inde.
Le turquin qui possède la même origine italienne que son cousin, bien plus célèbre, le Turquoise, emblème du courage suscitant la noblesse des sentiments et la générosité, préservant les marins du naufrage.
Le bleuet, anciennement barbeau, qui symbolise à jamais les Poilus de la première guerre mondiale.
Ardoise.
Outremer, qui deviendra Majorelle du nom du peintre français l’ayant rendu célèbre après en avoir peint les murs de sa villa de Marrakech.
Lapis-lazuli qui s’est fait longtemps appelé saphir avant d’être démasqué.
Bleu nuit ou midnight blue.
Klein, du peintre du même nom, étoile filante de l’histoire de l’art.
Cyan.
Marine comme les célèbres tenues de la marine nationale.
Lavande, celui qui éclabousse chaque été les champs de haute Provence.
Charron ou charrette, peinte autrefois de cette couleur pour son effet répulsif sur les insectes. Pétrole, le titre du douzième et dernier album de Monsieur Alain Bashung, mon préféré.
Berlin, plus généralement connu sous le nom de bleu de Prusse découvert par un marchand de couleurs ayant acheté du carbonate de potasse frelaté.
Dragée et Givré.
Cobalt dont Vincent Van Gogh pensait qu’il n’y avait rien de plus beau pour installer une atmosphère.
Acier, Électrique, dont certaines parent leur regard.
Paon, sarcelle, canard, parce que sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.
Mers du sud, celui du vagabond Bernard Moitessier qui écrivait:
« Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l’ont construit avec leurs rêves ».
Aigue-marine, petite cousine de l’émeraude, elle protège les marins des tempêtes.
Ciel, céleste, azur, azurin, céruléen, dragée, qui inspirera à Arthur Rimbaud:
« Le ciel est joli comme un ange ».

Jusqu’à se parer de toute la palette des verts qui sonde les profondeurs de l’âme.

Émeraude, à tout seigneur, tout honneur, non pas la pierre précieuse mais une huître: Ce petit bijou de la mer à la chair blanche et savoureuse et aux branchies vert émeraude, une huître spéciale longuement affinée en claire.
Platine, non il n’y a pas que les blondes qui puissent l’être…
Bouteille, à l’image de quelques flacons précieux contenant plusieurs millions de bulles éphémères, évanescentes, pour le plaisir des papilles.
Olive, comme celles broyées sous une meule en granit, puis malaxées et pressées entre les scourtins afin d’offrir son huile.
Menthe, celle sans qui le Mojito ne serait pas ce qu’il est.
Mousse, feuillage, telle une forêt tropicale d’hibiscus, de pandanus aux palmes luisantes d’où émergent les parfums acidulés des citronniers, des orangers, et les effluves plus lourdes et sucrées des manguiers

Ainsi des Bahamas au Panama, la couleur se transforme.

Certains vous diraient que tout n’est qu’une question d’absorption, de réfraction, de réflexion, de dispersion, de diffusion de la lumière, de profondeur de l’eau et d’atmosphère.
Balivernes, fariboles, bêtises, cocasseries, fadaises, niaiseries, enfantillages, trêve de sottises.

La couleur se transforme, certes. Mais tout ceci n’est que divertissement et batifolages de sirènes.
Deux cousines, aux élégances océanes, Émeraude et Turquoise, ondulantes, ondoyantes, ne cessent de parcourir leur royaume, nageant toute chevelure déployée.
Elles veillent jalousement sur les trésors perdus de l’empire Aztèque, d’or, de turquoise et d’émeraude que les galions espagnols naufragés répandirent au fond de la mer des Caraïbes.
Espiègles, facétieuses, taquines, elle se jouent des certitudes des hommes et de leurs affirmations péremptoires.

Tout ceci, n’est que vérité pure.
Doña Estelle, noble Dame s’il en est, qui, après maintes péripéties aux mains de pirates de vils conditions arborant l’exécrable pavillon d’American Airlines, a enfin regagné sa demeure en la cité des Soyeux, peut en témoigner.

En tout cas et pour toute certitude, s’il se rencontre quelque part, où qu’il soit, un quelconque quidam pour oser en douter ou en rire, il convient qu’il sache bien, que tant que mon bras pourra tenir l’épée en main, je suis prêt à lui en demander raison, et lui donner sujet à bien regretter, dans le sang, sont incrédule et sotte insolence.

 

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Un commentaire

  1. je confirme pour le turquoise en attendant l’émeraude qu’il me tarde de découvrir ,et peut être ,qui sais un jour , agiter ma palette d’aquarelle pour les peindre !

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