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Santa Clara – El Commandante Ernesto Guevara de la Serna dit le Che

Il était beau, jeune, romantique, charismatique et son image iconique avec le béret à l’étoile solitaire est entrée à jamais dans la légende et le symbole de la lutte contre l’impérialisme et la liberté des peuples, avec ses qualités exceptionnelles de dirigeant et de combattant, un artiste de la guérilla, médecin asthmatique, fumeur invétéré de cigares.

Bien sur le Che n’était pas le Christ, encore moins un ange, comme tout homme il avait sa part d’ombres. Il a certainement procédé à des exécutions sommaires de ses opposants politiques, pris des décisions dogmatiques, commis bien des erreurs dans les réformes économiques.

Mais le Che, exigeant avec lui-même, avait un grand mérite, peut être le plus grand.
Celui de posséder un idéal, la lutte contre toute forme d’injustice ou que ce soit dans le monde, avec cet esprit qui veut qu’on agisse comme on le pense, dans la loyauté la plus intransigeante envers ses convictions révolutionnaires et le courage de tout mettre en jeu jusqu’à sa vie pour les réaliser.

Il faut relire ses lettres d’Adieu que cela soient à ses parents, ses enfants et à Fidel pour saisir sa loyauté sans faille à son idéal.

 » Je suis aujourd’hui convaincu que la lutte armée représente la seule solution pour les peuples qui luttent afin de se libérer, et je suis conséquent avec mes idées. Beaucoup me traiteront d’aventurier, et je ne le nierai pas, mais je suis de ceux qui mettent en jeu leur peau pour démontrer leurs vérités. « 

 » Je vous ai beaucoup aimés. Seulement, je n’ai pas su exprimer ma tendresse. Je suis par trop rigide dans ma manière d’agir et je crois que parfois vous ne m’avez pas compris. C’est qu’il n’était pas facile de me comprendre. »

« Votre père a été un homme qui agit comme il pense, et qui sans doute a été fidèle à ses convictions. »

« Surtout, soyez toujours capable de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. »

 » D’autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t’es refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l’heure est venue de nous séparer.
Je veux que tu saches que je le fais avec un mélange de joie et de douleur. Je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j’aime… Et je laisse un peuple qui m’a adopté comme un fils. J’en éprouve un déchirement. Sur les nouveaux champs de bataille, je porterai en moi l’esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d’accomplir le plus sacré des devoirs: lutter contre l’impérialisme où qu’il soit. Ceci me réconforte et guérit les plus profondes blessures. »

Entre sa capture et son exécution, de nombreuses personnes ont pu venir rendre visite à Guevara, dont l’institutrice du village qui lui apportait à manger et rapporta une réponse du Che lors de sa dernière discussion avec lui :

« Pourquoi avec votre physique, votre intelligence, votre famille et vos responsabilités vous êtes vous mis dans une situation pareille ?
Pour mes idéaux. »

En 1977, la revue Paris Match publie un entretien avec Mario Terán qui relate les derniers instants de Che Guevara :

 » Je suis resté 40 minutes avant d’exécuter l’ordre. J’ai été voir le colonel Pérez en espérant que l’ordre avait été annulé. Mais le colonel est devenu furieux.
C’est ainsi que ça s’est passé. Ça a été le pire moment de ma vie. Quand je suis arrivé, le Che était assis sur un banc. Quand il m’a vu il a dit :
Vous êtes venu pour me tuer.

Je me suis senti intimidé et j’ai baissé la tête sans répondre. Alors il m’a demandé:
Qu’est ce qu’ont dit les autres ?
Je lui ai répondu qu’ils n’avaient rien dit et il m’a rétorqué:
Ils étaient vaillants alors.

Je n’osais pas tirer. À ce moment je voyais un Che, grand, très grand, énorme. Ses yeux brillaient intensément. Je sentais qu’il se levait et quand il m’a regardé fixement, j’ai eu la nausée. J’ai pensé qu’avec un mouvement rapide le Che pourrait m’enlever mon arme.
Sois tranquille me dit-il, et vise bien ! Tu vas tuer un homme !

Alors j’ai reculé d’un pas vers la porte, j’ai fermé les yeux et j’ai tiré une première rafale. Le Che, avec les jambes mutilées, est tombé sur le sol, il se contorsionnait et perdait beaucoup de sang. J’ai retrouvé mes sens et j’ai tiré une deuxième rafale, qui l’a atteint à un bras, à l’épaule et dans le cœur. Il était enfin mort. »

 
Hasta Siempre – Pour Toujours

Nous avons appris à t’aimer, Depuis les hauteurs de l’histoire
Où le soleil de ta bravoure, A couronné la mort

Ici il reste la clarté, La profonde transparence
De ta chère présence, Comandante Che Guevara

Tu arrives en embrassant la brise, Avec des soleils de printemps
Pour planter le drapeau, Avec la lumière de ton sourire

Ton amour révolutionnaire, Te mène à un nouveau projet
Où ils attendent la fermeté, De ton bras libertaire

Nous irons vers l’avant, Comme joints à toi nous continuons
Et avec Fidel nous te disons
Pour toujours avec toi, Commandant

Hasta Siempre
Carlos Puebla

Aujourd’hui encore, les enfants cubains proclament:

 » Seremos como El Che « 

 
Bien sur, aujourd’hui, tout cela pourrait paraître bien désuet à certains, en particulier aux jeunes générations. Tous comme les appareils de navigations anciens, cubes à cadrans solaires multiples, quart de cercle mobile, équatoriaux, télescopes, boussoles et compas, sextants, astrolabes, armilles ou sphère armillaires, bâtons de Jacob, nocturlabes, sablier, horloge marine. Ils sont intimidants. On les admire dans les vitrines des antiquaires. Ils luisent. Ils sont paisibles. Ils sont nimbés d’une lumière dorée, un peu ancienne, un peu morte.
Pourtant ces triangles de cuivre, ces globes de verre, ces arcs de cercle, ces quadrants et ces ressorts, ces vis et ces clapets, auront permis d’explorer le monde.

Alors, l’histoire du Che, de Camillo Cienfuegos, de Fidel Castro et de tous les autres Barbudos qui ont fait la Révolution Cubaine peut paraître aujourd’hui bien intimidante. On l’admire dans les vitrines d’un musée. Elle luit. Elle est paisible. Elle est nimbée d’une lumière dorée, un peu ancienne, un peu morte.

Pourtant, il faut bien se rappeler ce qu’était la vie politique, économique et sociale en Amérique Latine dans la première partie du Vingtième siècle et même au-delà.

Je n’ai de conseils à donner à personne mais je dis aux enfants:
Pour mieux comprendre le monde dans lequel vous vivez, apprenez l’Histoire, de France bien entendu, notre cher beau vieux pays, de l’Europe, votre avenir, mais aussi des autres Continents, des Civilisations, de l’Humanité, de l’Univers et gardez toujours un œil critique sur l’enseignement quel qu’il soit, à commencer par les propos du rédacteur de cet article.

 
PS: Pour lever toute ambiguïté, s’il en était besoin.
A ce stade de ma vie, mon Panthéon personnel comprend :
Antigone, Mademoiselle Coco Chanel, Romy Schneider, Simone Veil, et une Grande Dame ma Mamie,
Francis Scott Fitzgerald, Amedeo Modigliani, Nelson Mandela, Antoine de Saint Exupéry
et Ernesto Guevara de la Serna dit le Che

 

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