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Les Nuages

Certains disent que pour s’occuper, le petit peuple de l’air, les sylphes, les elfes, ou bien encore, les fées sculptent les nuages, ces merveilleuses constructions de l’impalpable. Une symphonie de formes d’une infini variété, plus étranges les unes que les autres.

Alors, des cirrus, cirrocumulus, cirrostratus, les plus élevés dans le ciel tout en filaments, en cheveux d’ange, saturés de cristaux de glace. Des altocumulus, altostratus, stratocumulus, stratus, qui s’étalent en nappes, en couches, jusqu’au banc de brouillard. Des cumulus, de fines particules d’eau, de l’air, beaucoup d’air, le tout balloté au gré des caprices du vent, battus comme des œufs en neige. Des cumulonimbus, nimbostratus, au caractère pour le moins ombrageux pour ne pas dire orageux, n’hésitant pas à recourir à la grêle, aux éclairs, au tonnerre pour exprimer leur mécontentement, cherchant toujours à se grandir, le plus haut possible comme pour satisfaire un orgueil à leur démesure ou s’approcher au plus près du soleil tel Icare qui pour s’échapper du Labyrinthe, fuir Minos et le Minotaure, connaître l’ivresse de l’azur, y brûla ses ailes de cire.

Et puis des nuages pas comme les autres:

Undalatus asperatus, un nuage qui ondule comme un serpent qui danse. Il fascine les poètes, les chasseurs d’images, les amateurs de météorologie et tous les esprits curieux, avides de découvertes. Parce qu’il est beau, rare, méconnu, vaguement inquiétant. Il se forme après une activité orageuse et matérialise le contraste entre deux masses d’air de température et d’hygrométrie différentes

L’Arcus, bien que baptisé roll cloud, le nuage en rouleau, n’est pas vraiment un rouleau de printemps, il en possède ni la saveur, ni l’attrait. Il fait froid dans le dos et vous coupe l’appétit. Ce monstre se forme le plus souvent à l’avant des fronts froids, le courant d’air descendant force l’air chaud à s’élever, à se refroidir et à engendrer ce titan, qui bien que n’ayant rien à voir avec une tornade horizontale n’annonce tout de même rien de bon, et je ne vous parle pas de l’aspect culinaire.

Le Mammatus, colérique qui ne peut s’empêcher de se mettre en boules, plus précisément en grappe de boules nuageuses qui ne manqueront pas de se précipiter sur vous en fortes pluies.

Le nuage polaire stratosphérique pour les scientifiques, nuage nacré pour les poètes. Le nuage nacré du haut de sa stratosphère ne manque jamais de faire étalage de toute sa garde robe de couleurs, vert, rouge, bleu, jaune, plus fluorescentes, plus évanescentes, plus opalescentes, les unes que les autres, une vraie diva ce nuage nacré.

Pendant ce temps, à l’ouest, ciel bleu et cumulus annonciateur de beau temps. A l’est, ciel gris et cumulonimbus qui s’étalent comme des enclumes.

Un immense cumulonimbus s’est assis à l’est de l’ile. Comme les petits vieux sur un banc de la place du village, il observe tranquillement, prenant la mesure du temps qui passe avec nonchalance. Enfin décidé, il va déverser des trombes d’eau tout aussi fugitives que brutales sur la parcelle de son choix.

Ciel bleu, cœur gris. Ciel gris, cœur bleu.
Le temps est capricieux dans les îles. Les nuages désespérés de solitude sont attentifs aux âmes solitaires. Ils aspirent à partager quelques instants du temps, qui s’il semble suspendu, file inexorablement.

Sous les rayons bienveillants du soleil, à l’ombre d’un nuage coquin, à l’abri d’une pluie traversière, cet instant rare et précieux d’un partage sincère et authentique, emprunt de confiance tendre et sensible confère à la vie sa raison d’être, ma raison d’être.

 
Parfois le petit nuage, après avoir été, par la violence des courants de hautes pressions et dépressions, chahuté, balloté, secoué, bousculé, perturbé, brimbalé, cahoté, bousculé, bringuebalé, ravagé, trouve son ile.
Alors, ivre de bonheur, submergé d’émotions, il lâche prise, se libère et laisse échapper par inadvertance un grain de pluie.

Chères lectrices, ne maudissez pas les cieux, ne pleurez pas votre parapluie oublié, ne regrettez pas votre insouciance vestimentaire, sachez y voir des perles de nacre, des colliers à la délicatesse féminine, une pétillance de bulles d’un grand champagne, une offrande, un élan du cœur.

Alors:

« Si le vent pousse les nuages,
On apercevra le soleil,
On s’en ira vers d’autres plages,
Où la vie n’est jamais pareille,
On se perdra sur des rivages,
Dans des océans de merveilles, »

Nuages
Grégoire

 

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2 commentaires

  1. Comme le petit nuage les vents te sècouent mais comme le petit nuage tu vas trouver ton ile et plein de ciel bleu
    Et surtout au dessus des nuages il y a les étoiles……

  2. moi j’aime « Nuages » de Django Reinhard https://www.youtube.com/watch?v=Fq-t9TVbthc

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