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Une Invitation aux Marquises

«  Père, tu m’as sans doute oublié. Tu as donné toutes les terres à mes frères, à mes sœurs, et au fils de mon frère défunt, et moi ne me laisses tu donc rien ?
Mon enfant, reprit le vieillard, je t’ai laissé encore bien plus qu’à eux, puisque tu as le reste de l’horizon. Va, pars, voyage et tu posséderas alors bien plus qu’eux. »

Légende du roi Anua Mota

Le vent raconte des histoires à ceux qui veulent bien les entendre.
C’est le grand conteur de l’univers, le maître de la tradition orale, infatigable porteur de message.
Et ce matin le feulement, le rugissement du vent qui frôle, frise, effleure, caresse le navire, me fait parvenir une invitation :

Cher Gerald,

J’ai l’immense honneur, sous l’égide de Charles Baudelaire et à la bienveillance d’Okeanos, le grand Ocean, de vous convier à mettre le cap sur un Archipel, là bas, sur le reste de l’horizon.

Pas n’importe quel archipel. Il y a bien les Seychelles, les Célèbes, les Comores, les Maldives, les Glénan, les Canaries, les Lofoten, les Galápagos, au nord, au sud, au levant, mais c’est au couchant que nous vous invitons, là où se trouve les iles merveilleuses, les Marquises.

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur

D’aller là-bas vivre ensemble !

Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !

Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. »

Charles Baudelaire
L’invitation au voyage

Nous veillerons à ce que les alizés ne manquent pas de vous tenir compagnie tout au long de cette traversée et vous souhaitons un séjour enchanteur qui à n’en pas douter, possédera bien plus de valeurs à vos yeux que n’importe quelle possession en ce bas monde.

Océaniquement votre.

Cette idée me ravit car ces îles sont différentes. Belles bien sur, ou plutôt archi belles devrais je dire, mais bien plus que cela. Fortes, fragiles, lumineuses, sauvages, parées d’authenticité, de vérité, embellies d’ombres et de lumières. Elles possèdent une émotion rare.
Et puis la danse polynésienne, ancrée dans la nuit des temps, une danse festive pour communiquer ses émotions, puisant au plus profond, au plus secret de l’être, exprimant l’essentiel de l’existence, le jeu, l’amour, la fête, la vie, la mort. Une danse pour transposer un vécu, mystifier son quotidien, exprimer ses désirs, refouler ses inhibitions. L’art de la danse et l’art de la guerre intimement mêlés.

« Leurs sauvages gesticulations, les gestes grotesques de leurs corps peints, leurs vociférations, leurs chants accompagnés de flûte et de tambour, représentaient un spectacle extravagant, grandiose dont il est difficile de se faire une idée juste. »

William Elis
Missionnaire – 1817

Il n’y a pas de voyage sans transports.
Ce qui signifie agitation, excitation, émotions, passions à l’image du transport amoureux.
La fièvre du voyage, un transport de joie, des transports d’amour, des élans du cœur.
A l’énonce de certains lieux, certains noms, le cœur du voyageur, qu’il soit géographique ou sentimental, se met soudain à amplifier ses pulsations.
C’est le temps du risque, de l’aventure, de l’incertitude, de la découverte.

Allez, encore quatre mille miles nautiques, le rêve n’est plus très loin.

Il en était tout autrement pour les peuples de navigateur d’Asie venus des golfes du Tonkin et de Thaïlande qui se sont progressivement installés dans tout le pacifique au gré de cinquante mille ans de migrations à la voile.

Le peuplement du triangle polynésien, délimité par Hawaii, la Nouvelle Zélande et l’Ile de Pâques aurait commencé il y a trois mille ans grâce à leur intelligence de la navigation :
dompter le grand océan, connaître les vents, les étoiles, observer le vol des oiseaux, les accumulations de nuages, la saveur des eaux et le savoir faire unique de la construction des pirogues océaniennes.

Le prao des Iles Mariannes au mat incliné et aux coques dissymétriques efficaces pour remonter au vent. Le prao de l’archipel Bismarck propulsé par des voiles faites de feuilles tressées.
Le catamaran des Fidji composé de deux pirogues assemblées pouvant être détachées et dotées chacune d’un balancier. Le catamaran des Tonga qui pouvait embarquer cent cinquante passagers. Le trimaran de Zanzibar, pirogue à double balancier.

Les premiers découvreurs européens n’auront de cesse de qualifier ces pirogues d’objets volants et de bateaux les plus rapides du monde.

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